Lorsque l'acheteur se désiste

02 juillet, 2026

Ce texte est une transcription d’une entrevue donnée par Marc Lacasse , au Canal Argent, sur le désistement d’un acheteur qui ne se présente pas chez le notaire.

Animateur : Parlons d’immobilier. Vous avez décidé de vendre votre maison, et votre acheteur ne se présente pas chez le notaire au moment de finaliser la transaction. Cette situation peut créer de sérieux problèmes. Marc Lacasse, courtier immobilier chez RE/MAX, est en compagnie de son invitée qui a vécu cette situation, Isabelle Tousignant. Bonjour Madame Tousignant.

Isabelle Tousignant : Bonjour.

Animateur : Marc Lacasse, bonjour.

Marc Lacasse : Bonjour.

Animateur : Alors, pour se mettre en contexte : Isabelle décide de vendre sa maison, elle en achète une deuxième, et malheureusement l’acheteur ne se présente pas chez le notaire. Que faire par la suite ?

Marc Lacasse : L’acheteur est lié par la promesse d’achat, et ça, il y a beaucoup d’acheteurs qui l’oublient. Les gens ne réalisent pas qu’il s’agit d’un contrat. On ne peut pas s’en désister, et Isabelle pourrait poursuivre l’acheteur s’il ne se présente pas chez le notaire. Malheureusement, ça arrive dans certains cas. Il y a des gens qui sont négligents, visitent des maisons, ont un coup de cœur, font une promesse d’achat, puis le week-end suivant, ils visitent une autre maison et font une seconde promesse d’achat. Ils décident ensuite de ne pas acheter la première.

Une fois que l’acheteur ne s’est pas présenté chez le notaire, il peut être poursuivi. Malgré toutes les bonnes actions qu’on peut faire entre courtiers pour essayer que la transaction ait lieu, il reste qu’en fin de compte, ce sont nos clients qui paient la note. Isabelle et Stéphane avaient déjà acheté une autre maison. Par contre, parce qu’ils n’ont pas vendu la leur, ils n’ont pas la mise de fonds nécessaire pour acheter la deuxième. Alors maintenant, c’est eux qui deviennent les acheteurs qui doivent se désister de la deuxième.

Animateur : Est-ce que ça a été le cas, avez-vous été obligé de vous désister de la deuxième maison ?

Isabelle Tousignant : Finalement non. Grâce à notre courtier, on a eu de nouveaux acheteurs pour notre maison. Mais sinon, oui, j’avais quand même commencé toutes mes démarches avec Tranquilli-T. J’ai dû ouvrir un dossier parce que les acheteurs ne s’étaient pas présentés.

Animateur : Donc vous étiez dans une drôle de situation, parce que vous risquiez vous aussi d’être poursuivie. Qu’est-ce que vous avez fait sur le coup, quand l’acheteur ne s’est pas présenté ? C’est frustrant. Avez-vous pensé poursuivre vous-même ?

Isabelle Tousignant : Au tout début, on ne savait pas exactement l’étendue de la situation. Je trouvais ça impensable que l’acheteur ne se présente pas. Par la suite, grâce à notre courtier, nous avons appris qu’on pouvait avoir des recours contre lui. On s’est renseignés, mais on a appris qu’on pouvait nous aussi être poursuivis par l’autre partie. Heureusement, nous ne nous sommes pas rendus à ce point.

Animateur :
Ça coûte cher de poursuivre.

Marc Lacasse : Effectivement, c’est cher, et ça prend beaucoup de temps. Dans le cas d’Isabelle, on a pu trouver un autre acheteur. Les gens se demandent souvent, pourquoi lorsqu’une maison est vendue, l’affiche  « Vendu » n’est pas ajoutée automatiquement sur la pancarte. Lorsque nous avons une promesse d’achat, il y a des conditions à respecter : une clause d’inspection, et une clause de financement. L’inspection et le financement peuvent prendre environ deux semaines. Alors, entre le moment où la promesse d’achat est signée et devient officielle, il y a deux semaines où on ne peut pas afficher « Vendu ». Nous avons donc encore des acheteurs qui appellent. On accumule ces acheteurs potentiels en leur expliquant que si la maison n’est pas vendue, on va les rappeler. C’est ce qui s’est produit dans le cas d’Isabelle. Dès qu’on a su que le client ne s’était pas présenté, on a rappelé ces acheteurs potentiels. On a été chanceux, car on a trouvé un autre acheteur immédiatement.

Animateur : Est-ce que dans ce cas-là, ça aurait pu mener à une surenchère ? Parce que parfois il y a deux ou trois offres en même temps. C’est un beau problème pour le vendeur, mais pas nécessairement le meilleur scénario pour les acheteurs.

Marc Lacasse : Ça aurait pu arriver. Dans le cas d’Isabelle, pourquoi finalement elle ne poursuit pas, c’est qu’on a réussi à vendre la maison au même prix et aux mêmes conditions qu’avec l’acheteur numéro un. S’il y avait eu un écart, et qu’on avait vendu la maison 10 000 $ de moins, elle aurait pu poursuivre pour la différence de prix.

Animateur : Comment avez-vous vécu le stress ? Ça n’a pas dû être facile.

Isabelle Tousignant : Non, ce n’était pas facile. Dans notre cas, nos boîtes étaient faites, les changements d’adresse aussi. J’ai quatre enfants que je devais transférer d’écoles dans d’autres territoires, parce qu’on déménageait un peu plus loin. Si j’avais mis ma maison à vendre toute seule, je n’aurais pas su quoi faire dans cette situation. Heureusement, grâce à notre courtier, on était bien encadrés. Il nous a aidés à traverser cela. Et grâce à la banque de clients que notre courtier avait, j’ai pu revendre ma maison rapidement. Sinon, je ne sais pas ce que j’aurais fait. J’aurais probablement dû rester dans la même maison, car être poursuivie et poursuivre, ce n’est pas des choses qu’on a envie de vivre.

Animateur : Effectivement, parce que c’est de l’argent des deux côtés. Et ça risque aussi de compromettre l’achat d’une nouvelle maison.

Marc Lacasse : Oui, parce que la clause de financement est très importante. Dans le cas du financement de la deuxième maison, la mise de fonds vient de la première vente. Et la banque, dans ce cas-ci, nous mentionne que, tant que la première maison n’est pas vendue, on ne peut pas avoir le financement pour la deuxième.

Animateur : Il y avait une chose qui existait avant. On devait mettre un acompte pour l’achat d’une maison. Aujourd’hui, ce n’est plus obligatoire, c’est laissé à la discrétion. Est-ce que ça devrait revenir ? Quelqu’un qui met 3 000 $ ou 5 000 $ de mise de fonds comme acompte sur une maison, il risque d’y penser deux fois avant de ne pas se présenter chez le notaire, car il perdrait sa mise de fonds.

Marc Lacasse : Vous avez raison, c’est une pratique qui était courante, mais qui ne l’est plus aujourd’hui. Ça dépend des secteurs, ça dépend des situations. Si vous êtes un acheteur très intéressé par une propriété et que vous voulez démontrer votre sérieux, vous pouvez mettre un acompte. Mais c’est malheureusement une pratique moins courante aujourd’hui dans notre métier.

Animateur : C’est moins courant parce que ce n’est plus une obligation, ou c’était simplement une pratique de bonne foi ?

Marc Lacasse : C’était plus courant auparavant, même si ce n’était pas obligatoire. Aujourd’hui c’est la même chose, sauf que c’est beaucoup moins fréquent.

Animateur : Peut-être que ça aurait été bien dans la situation de madame Tousignant, mais tout est bien qui finit bien.

Isabelle Tousignant : En effet, ça finit très bien.

Animateur : Merci beaucoup à vous deux.

L’équipe Marc et Sophie (Marc Lacasse et Sophie Gérin-Lajoie) est spécialisée dans les transactions immobilières résidentielles à Laval (Sainte-Rose, Sainte-Dorothée, Laval-sur-le-Lac, Fabreville, Chomedey, Auteuil, Vimont, Duvernay, Laval-des-Rapides, etc.), sur la Rive-Nord de Montréal (Rosemère, Sainte-Thérèse, Blainville, Boisbriand, Saint-Eustache, etc.) et dans les Basses-Laurentides (Saint-Jérôme, Saint-Sauveur, Sainte-Adèle, Morin-Heights, Piedmont, etc.). Marc et Sophie travaillent aussi en collaboration avec plusieurs courtiers immobiliers, dont l’équipe Lacasse-Shapcott (Valérie Lacasse et Kyle Shapcott) à Montréal, et plusieurs partenaires d’affaires, dont L’Avenue créative (Frédéric Lacasse), pour la production de contenu (photo, vidéo, texte et publications) dans leurs médias sociaux (Facebook, Instagram, LinkedIn, YouTube, etc.)