« C’est notre client qui décide ce qu’il veut visiter »

25 juin, 2026

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Article de Isabelle Dubé, La Presse. Pour le lire en intégralité, cliquez ici

L’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) reconnaît que bon nombre de ses membres connaissent mal la Loi sur la concurrence.

L’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) reconnaît que bon nombre de ses membres connaissent mal la Loi sur la concurrence. Malgré cela et la mauvaise presse que reçoit la profession, la population continue d’avoir recours à leurs services plus que jamais. Dans la foulée de la sortie, lundi dans nos pages, d’ex-courtiers qui jugent que les taux de commission sont trop élevés, La Presse s’est entretenue avec Marc Lacasse, co-porte-parole de l’APCIQ et courtier immobilier.

La Loi sur la concurrence est citée à tort pour empêcher des courtiers de parler ouvertement de taux de commission dans l’espace public et semble mal comprise. Est-ce que l’APCIQ a l’intention de faire une mise à niveau auprès de ses membres ?

Vous avez entièrement raison. C’est une loi qui est peu connue dans notre profession, malgré le fait qu’on ait multiplié les communications depuis les trois dernières années. Comme courtier immobilier, notre boîte de courriels est remplie. Comme tout être humain, si le titre d’une rubrique est quelque chose dont on pense que cela ne nous concerne pas, si ce n’est pas une urgence au moment où on reçoit l’information, je ne vais peut-être pas m’en souvenir deux ou trois ans plus tard. Je pense qu’il y a une réaction de certaines parties de vouloir s’assurer qu’il n’y a pas de faux pas qui sont créés par ignorance. Je comprends très bien qu’on peut afficher un prix, un taux de rétribution, mais la ligne est très mince d’ajouter une phrase qui dit, on devrait tous faire ça.

Qu’est-ce qui fait que les courtiers soient si à l’aise de dire sur les réseaux sociaux qu’ils ne feront pas visiter une propriété à leurs clients si la commission offerte au courtier collaborateur qui représente les acheteurs n’est pas d’au moins 2 % ? C’est un phénomène qui semblait généralisé sur les réseaux sociaux.

Il ne faut pas nécessairement tirer des conclusions trop tôt par rapport à ce qui est offert et penser que les courtiers vont bouder une propriété à cause de ça. Parce qu’ultimement, c’est notre client qui décide ce qu’il veut visiter. Dans ma pratique, je vais aller visiter toutes les propriétés que mon client va demander de visiter. Comme courtiers, quand on signe un contrat, on doit donner une contribution raisonnable aux collaborateurs, puis l’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ) lui-même a de la difficulté à définir ce qui est raisonnable ou pas. Mais il y a quand même une logique derrière tout ça. Quand on a effectivement l’habitude de voir des taux de rétribution aux collaborateurs qui tournent aux alentours de 2 %, c’est là qu’une rétribution de 500 $ à 1000 $ devient déraisonnable pour le travail qui va être accompli.

Le vendeur qui rémunère le courtier de l’acheteur, qui travaille, au fond, contre ses intérêts, est-ce un système logique ?

Ça a toujours été ça. Ce n’est pas de notre ressort à l’APCIQ, c’est réglementé par l’OACIQ. Nous, on ne fait que suivre les règles. La règle nous dit, voici ton contrat de courtage, tu dois agir comme ça.

Avec la mauvaise presse que reçoit la profession depuis la pandémie, est-ce que le nombre de consommateurs qui vendent par eux-mêmes a augmenté ou chuté ?

Bon an, mal an, on est dans une situation actuellement historique. Jamais il n’y a eu autant de transactions faites par des courtiers. Lorsqu’on regarde l’ensemble des transactions immobilières dans une année, 8 personnes sur 10 confient leur projet immobilier à un courtier. Ce pourcentage a été longtemps autour de 70-75 %. Je ne vous cache pas que la COVID-19 nous a fait faire un bond important, parce que les gens ont réalisé comment ils étaient sécurisés par le fait qu’il y avait un courtier immobilier dans leurs transactions.