Pourquoi les Québécois choisissent-ils la banlieue ?

19 octobre, 2026

Ce texte est une transcription d’une entrevue donnée par Marc Lacasse, courtier immobilier chez RE/MAX, au Canal Argent, sur les raisons pour lesquelles certains acheteurs choisissent de s’établir sur la Rive-Nord ou sur la Rive-Sud de Montréal. 

Animateur : On entend souvent parler des Montréalais qui quittent la ville pour la banlieue. Qu’est-ce qui les pousse à considérer la Rive-Sud ou la Rive-Nord ? Ce matin, deux courtiers immobiliers sont avec nous : un de la Rive-Nord, un de la Rive-Sud. Marc Lacasse, courtier immobilier sur la Rive-Nord, bonjour Marc.

Marc Lacasse : Bonjour.

Animateur : Et également Francis Lavoie, courtier immobilier sur la Rive-Sud. Bonjour M. Lavoie.

Francis Lavoie : Bonjour.

Animateur : Alors, pouvez-vous tous les deux nous dresser un portrait. Peut-être pouvons-nous débuter avec Marc : qu’est-ce qui pousse les gens de Montréal à quitter la ville ? On entendait les candidats pendant la campagne électorale dire qu’il fallait ramener des habitants sur l’île. Qu’est-ce qui les incite à quitter Montréal ?

Marc Lacasse : Le premier facteur est économique. Prenons un exemple : les premiers acheteurs sont souvent locataires à Montréal, de jeunes couples en voie d’avoir des enfants, et ils réalisent qu’ils veulent passer de locataires à propriétaires. Ils regardent ce qui est disponible à Montréal. La différence de prix entre Montréal et la Rive-Nord, et je pense que c’est similaire sur la Rive-Sud, c’est environ 100 000 $ au niveau du prix moyen d’une propriété. Pour faire un petit calcul, ça représente 500 $ de plus par mois sur une hypothèque de 25 ans. Il y a des gens qui n’ont pas les moyens.

Donc déjà, le facteur économique est important : ils n’ont pas les moyens d’acheter à Montréal, mais ils peuvent acheter sur la Rive-Nord ou la Rive-Sud.

Animateur : Il y a beaucoup d’arguments de la part des politiciens qui disent : « Oui, mais chez nous, on a un bon transport en commun, les services sont là, ça coûte moins cher que d’avoir deux véhicules. » Est-ce que c’est un argument qui tient la route, M. Lavoie ?

Francis Lavoie : C’est un argument qui se tient. Ce qu’on voit actuellement, c’est qu’il y a de plus en plus de familles sur la Rive-Sud qui sont en mesure d’y habiter avec une seule voiture, parce que les transports en commun s’améliorent énormément. Si on parle de la Rive-Sud, le train de banlieue offre de plus en plus d’horaires, autant le matin que pour le retour le soir, donc ça, c’est très intéressant. Peu importe où les gens vont habiter sur la Rive-Sud, ils peuvent souvent se déplacer sans voiture.

Animateur : Il y a un quartier à Deux-Montagnes qui s’est nettement développé autour de la gare du train de banlieue, mais hier encore, on a vu un train arrêté entre deux stations à cause d’un problème… La fiabilité du transport en commun, est-ce que ce n’est pas un facteur qui peut freiner certains acheteurs ?

Marc Lacasse : Vous avez raison. J’ai vu récemment des statistiques sur les pannes, mais on doit continuer de croire en nos politiciens qui ont à cœur le développement du transport en commun, surtout en raison des problèmes de circulation. Je lisais que Montréal est l’une des trois villes les plus engorgées en Amérique du Nord, alors qu’on n’a pas la population d’autres grandes villes. C’est un facteur réel, et on le ressent aussi sur la Rive-Nord. Il y a eu une multiplication des trains, l’ajout de stations de métro à Laval, ça a beaucoup aidé à désengorger les stationnements incitatifs gratuits autour des gares et stations de métro.

Oui, il y a des pannes, mais il ne faut pas trop dramatiser non plus. Le transport en commun rend plus de services qu’il ne cause de problèmes.

Animateur : J’entendais dire, pendant la campagne électorale, qu’ici à Montréal, il y a quand même une certaine qualité de vie. Est-ce qu’elle est meilleure en banlieue qu’elle ne l’est à Montréal ?

Francis Lavoie : C’est sûr que là-dessus, il y a des arguments des deux côtés. Ce qu’on remarque souvent, c’est que les clients qui viennent s’installer en banlieue sont surtout des nouveaux acheteurs, des premiers acheteurs, des jeunes familles. Ils apprécient beaucoup la qualité de vie qu’on peut obtenir : pour le même prix, ils vont avoir un plus grand terrain, une plus grande propriété. Il y a aussi beaucoup de jeunes quartiers. Donc on retrouve des rues peu passantes, où les enfants peuvent jouer au hockey sans problème, parce que les seules voitures qui passent, ce sont celles des résidents.

C’est vraiment une belle qualité de vie. Beaucoup d’espace aussi pour une piscine, des jeux, du sport dans la cour, c’est vraiment très intéressant.

Animateur : De plus, les universités qui se sont décentralisées : je pense à l’Université de Sherbrooke à Longueuil, ou encore à l’Université de Montréal à Laval. Donc, même le milieu de vie universitaire s’est déplacé vers les banlieues, pour permettre aux gens de ne pas nécessairement devoir aller en ville.

Marc Lacasse : Tout à fait. Je vais prendre mon exemple personnel : j’ai fait mes études universitaires à partir de Laval, je devais prendre l’autobus et le métro, pour aller étudier au centre-ville. Aujourd’hui, nos enfants peuvent étudier directement à Laval, parce que l’UQAM et l’Université de Montréal y ont des campus. Et sur la Rive-Sud, c’est la même chose.

Francis Lavoie : Exact. Ce qu’on voit, c’est qu’il y a de plus en plus de gens qui vivent et qui travaillent sur la Rive-Sud. Beaucoup d’entreprises s’y sont établies.

Animateur : Elles se sont délocalisées elles-mêmes de Montréal. Elles sont parties vers la Rive-Nord et la Rive-Sud.

Francis Lavoie : Exactement. Donc à ce moment-là, la question du trafic ou du transport ne se pose plus. On y habite, on y vit, on y travaille. Ça devient très intéressant.

Animateur : Et la restauration, est-ce qu’on a une variété maintenant ?

Francis Lavoie : Avant, c’est vrai, il fallait aller en ville pour trouver un bon resto. Maintenant, sur la Rive-Sud, avec le Quartier DIX30, on a une très belle variété de restaurants. Il y a aussi beaucoup de spectacles, des salles de cinéma, des supermarchés spécialisés… Donc, que ce soit pour un bon repas ou pour une offre culturelle variée, c’est vraiment super.

Animateur : Puis il y a du stationnement.

Marc Lacasse : Du stationnement, oui, et gratuit !

Animateur : Quand on regarde les opportunités d’emploi, est-ce que ça s’est nettement amélioré. 

Marc Lacasse : Oui, ce qu’on constate, c’est que plusieurs sièges sociaux ont décidé d’installer des bureaux sur la Rive-Nord ou la Rive-Sud. À un moment donné, les entreprises ont réalisé que le recrutement devenait un défi, et que la main-d’œuvre qualifiée était déjà installée en banlieue. Ce sont souvent des gens qui hésitent à venir travailler au centre-ville.

Alors les entreprises ont décidé d’aller là où se trouvent les travailleurs. Et ça permet, encore une fois, une meilleure qualité de vie pour ces gens-là.

Animateur : Est-ce qu’il y a plus d’emplois disponibles en banlieue ? Parce que si on regarde l’axe Laurentides, il y a tout un parc de compagnies dans l’aéronautique, dans le secteur pharmaceutique à Laval, et aussi un peu plus au nord. Sur la Rive-Sud également il y a plusieurs compagnies.

Francis Lavoie : Oui, il y a beaucoup d’entreprises qui se sont établies. Pendant la campagne électorale, on a entendu qu’il y avait plus de 10 millions de pieds carrés d’espace commercial qui avaient été bâtis dans les 10 dernières années.

On voit donc clairement une tendance : de plus en plus de gens travaillent et vivent en banlieue.

Animateur : Et les espaces verts ?

Marc Lacasse : On peut parler d’un meilleur équilibre en matière d’espaces verts. Les gens n’ont plus besoin de quitter leur région pour pratiquer leur sport. On a tout un réseau de pistes cyclables, des parcs avec location de canots ou de kayaks. On voit donc un meilleur équilibre. 

Animateur : Marc Lacasse, merci beaucoup. Francis Lavoie également.

L’équipe Marc et Sophie (Marc Lacasse et Sophie Gérin-Lajoie) est spécialisée dans les transactions immobilières résidentielles à Laval (Sainte-Rose, Sainte-Dorothée, Laval-sur-le-Lac, Fabreville, Chomedey, Auteuil, Vimont, Duvernay, Laval-des-Rapides, etc.), sur la Rive-Nord de Montréal (Rosemère, Sainte-Thérèse, Blainville, Boisbriand, Saint-Eustache, etc.) et dans les Basses-Laurentides (Saint-Jérôme, Saint-Sauveur, Sainte-Adèle, Morin-Heights, Piedmont, etc.). Marc et Sophie travaillent aussi en collaboration avec plusieurs courtiers immobiliers, dont l’équipe Lacasse-Shapcott (Valérie Lacasse et Kyle Shapcott) à Montréal, et plusieurs partenaires d’affaires, dont L’Avenue créative (Frédéric Lacasse), pour la production de contenu (photo, vidéo, texte et publications) dans leurs médias sociaux (Facebook, Instagram, LinkedIn, YouTube, etc.)

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